L'oeuvre de Daniel SIBONY

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Le groupe inconscient: Le lien et la peur
(paru chez Bourgois en 1980)

Qu'est-ce qui dans un groupe fait lien, et notamment fige les membres dans la peur ou l'attente d'un péril qui ne vient pas, dans la soumission à un ordre que personne n'a formulé; avec ces paradoxes bien connus où d'aucuns s'interdisent d'eux-mêmes ce qui est permis ou s'accusent de crimes qu'ils n'ont pas commis ? L'enjeu, on s'en doute radical, et le modèle solaire (freudien) où les membres comme rayons convergent vers le foyer idéal, le Père idéal..., semble insuffisant; encore qu'il soit sans cesse authentifié par l'indignation contre "l'autorité mystifiante", et les pieux appels à être "plus libre" et à penser par "soi-même"...
C'est donc une autre approche qui est ici tentée, du collectif comme figure même de l'inconscient, obstruée, bouchée par l'objet de désir à quoi le groupe "adhère". Or, si on se groupe pour se décharger de l'inconscient et pour s'assurer à bon compte d'en avoir un; si le groupe ne s'appartient pas mais "appartient" à l'objet qui le plaque; si le groupe efface les différences pour être en fait le recueil des différences qu'il échoue à effacer; si donc le groupe est le lieu commun d'un échec, qui n'est pas seulement échec sur le cadavre du père, ça tire à quelques conséquences tragi-comiques, que ce bref trajet égrène à travers des mythes presque aussi "fous" que la réalité, mais dont l'enjeu est clair : une transmission de l'inconscient sous forme de lien, d'un lien qui puisse ligaturer l'hémorragie du désir...